mercredi, 01 mai 2013 21:59

Editorial d’A. NARDONE pour la newsletter d’avril

Amaury NARDONE signe un éditorial percutant en réponse à la mise en cause de la profession d’avocat d’affaires en matière de moralité de la vie publique…

Amaury NARDONE, Président du Conseil d’Administration du cabinet, rédige pour la newsletter d‘avril 2013 un éditorial engagé, en réponse à la mise en cause de la profession d’avocat d’affaires dans les problèmes de moralité au sein de l’Etat et des collectivités territoriales :

Une actualité politique morose, marquée notamment par un mensonge public et éhonté, vient de mettre en accusation directe notre exercice professionnel.

Le gouvernement a manifestement du mal à y voir clair. Ainsi, plutôt que de prendre une mesure aussi simple que la possibilité de condamner d’inéligibilité à vie une personne élue ayant trompé le Peuple, une culture du soupçon généralisé semble se mettre en place.

Si l’on peut comprendre la publication du patrimoine des ministres, lesquels disposent d’un pouvoir exécutif leur permettant d’agir sur les biens de l’Etat, faut-il imaginer que tous les élus rendent leur patrimoine public, comme si les électeurs devaient savoir avant tout ce qu’ils possèdent et non ce qu’ils pensent ?

Si, et je l’écris avec le sourire, la profession des chirurgiens capillaires doit être surveillée de très près lorsqu’elle parvient au poste de député ou seulement de conseiller ministériel, pourquoi n’a-t-elle pas été mise en cause par le gouvernement pour interdire sa présence au Parlement ?

Manifestement, à lire ou entendre certains, les « avocats d’affaires » sont une des sources du mal au sein de l’Etat et des collectivités publiques, puisqu’ils sont nominativement et directement mis en cause.

Pour présider aujourd’hui un cabinet qui compte 74 avocats d’affaires, je tiens à rappeler un certain nombre de points :

  • Nous connaissons vraiment les domaines relevant de chacune de nos spécialités, aux plans théorique et pratique, et bien mieux que les parlementaires. Il est donc très utile que certains de nos confrères siègent à l’Assemblée Nationale ou au Sénat pour enrichir les débats législatifs et permettre une réelle progression du droit. L’histoire le prouve.

  • Notre exercice professionnel relève de notre déontologie, écrite, publique et dont l’une des premières règles est l’interdiction du conflit d’intérêt. Son respect est assuré par nos Ordres, lesquels, s’il le faut, peuvent aller jusqu’à notre radiation de la profession.

  • Chacun d’entre nous a prêté ce serment : « Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ».


Le personnel politique peut réfléchir à un serment aussi ambitieux que le nôtre. Il est le fondement de notre métier et, pour le cabinet DELSOL Avocats, de la qualité de la relation.