Blog Sciences du vivant

Sang de cordon à des fins privées : un débat biaisé

J’ai testé pour vous le site des Etats Généraux de la Bioéthique en profitant de l’opportunité qui est offerte à tous pour donner son avis sur certains thèmes abordés par ces Etats généraux. Mon avis porte sur la rubrique "le prélèvement et la greffe" et plus particulièrement le sang de cordon. Nous pouvons nous interroger sur l’impact qu’auront ces avis lors des débats à venir mais, une chose est sûre, je n’aurai aucun regret puisque je l’ai fait ! A vous de jouer ... Dans la rubrique « Dons, prélèvements et greffes : des questions qui font débat » sur le site web des Etats Généraux de la Bioéthique, j’ai pu découvrir la question suivante : Peut-on envisager l’instauration de banques privées (de sang de cordon) pour des greffes autologues sans enfreindre le principe de solidarité ? Préalablement un texte présente la conservation autologue et précise qu’à ce jour, il n’existe aucune étude scientifique qui montre qu’une utilisation autologue de cellules issues du sang de cordon permettrait de soigner la personne en question. Dans ces conditions, il paraît difficile de répondre par l’affirmative à la création de banques privées de sang de cordon. Le biais réside dans l’utilisation du terme « autologue ». En effet, la conservation privée de sang de cordon peut bénéficier à l’enfant, mais surtout à la famille et en premier lieu à ses frères et sœurs. Sur ce point les démonstrations scientifiques relatives à l’intérêt d’une utilisation allogénique apparentée sont très nombreuses. Sinon, pourquoi le législateur en 2004 aurait-il prévu à titre expérimental la naissance de bébé-médicament (Art. L. 2131-4-1 du Code de la santé Publique) ? Au même titre, pourquoi est-il prévu qu’un prélèvement de cellules hématopoïétiques issues de la moelle osseuse peut être fait sur un mineur au bénéfice de son frère ou de sa sœur, si de telles greffes n’avaient pas d’intérêt scientifique ? Ainsi, le débat entourant la conservation privée de sang de cordon ne doit pas se limiter à la seule utilisation autologue, mais doit également intégrer l’intérêt de la conservation de telles cellules en vue d’une potentielle utilisation dans le cadre familial